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La Chartreuse de Port Sainte Marie

La Chartreuse de Port Sainte Marie, site inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historique offre aux regards curieux des touristes des ruines mises en valeur et entretenues par l’association des Amis de la Chartreuse.

Ce couvent fût fondé en 1219.

Au XIIIème siècle il était protégé par les châteaux de Beaufort, de Pontgibaud, de la Rochebriant, d’Ambur et de Gourdon.

Quand une famille importante appelait sur ses terres les disciples de Saint Bruno, on voyait les grands et les petits Seigneurs, les hommes du peuple eux-mêmes, prendre une partplus ou moins grande de la fondation. C’est ce qui arriva pour le Port Sainte Marie.

Les principaux bienfaiteurs furent les comtes d’Auvergne. Robert, évêque de Clermont, se mit à la tête du mouvement et donna 300 livres pour la construction des édifices. D’une manière générale toute la noblesse d’Auvergne a contribué au cours des siècles à augmenter les biens temporels du monastère.

Afin de rendre le travail plus facile, les chartreux cherchèrent à améliorer leur propriétés, ce qui les amena, le 04 mai 1337, à acheter à leurs voisins, les bénédictins de Montfermy, le droit de détourner les eaux de la Sioule pour arroser leurs prairies .Un long canal fut creusé dans d’énormes bancs de rochers cette même année.

En l’année 1346, le roi de France ordonna de fortifier les villes et châteaux d’Auvergne à cause des incursions des Anglais en France. Edouard, prince de Galles pénétra en Auvergne en 1355 et 1356, et y fit de grands ravages. C’est à la suite de ces hostilités que fut donnée la funeste bataille de Poitiers où le roi Jean fut fait prisonnier…

Le traité de Brétigny (1360) rendit à la France ce que le roi d’Angleterre avait pris à l’Auvergne. Mais Seguin de Badafol, redoutable aventurier, renouvela ces incursions en 1361.

Les Anglais firent de nouvelles déprédations et pillèrent à plusieurs reprises, de 1356 à 1369, le monastère de Port Sainte Marie et les villages environnants.

A la suite des ravages de la guerre de cent Ans, les moines édifieront une tour de défense. A la même époque Gilbert de Lafayette, Seigneur de Pontgibaud, fait ériger une chapelle familiale : la chapelle de Pontgibaud, placée sous le vocable de Notre-Dame de la Pitié, dans laquelle il sera inhumé avec son épouse Isabeau de Polignac.

La chartreuse connaîtra un rayonnement économique particulièrement important grâce à son domaine temporel. Dès le XV ème siècle, les propriétés des moines comportent 2 parties :

  • Un domaine de montagne voué à l’élevage et la culture
  • Un domaine de plaine, composé de biens immobiliers et de vignes, à Prompsat, Riom, Clermont-Ferrand…

Le monastère

Reprenant le plan classique des chartreuses, il comporte 3 parties essentielles :

  • Un centre économique regroupant la boulangerie, les ateliers, les écuries, les étables, l’ensemble permettant une vie en autarcie.
  • Un centre religieux ordonné autour d’un petit cloître avec l’église, la salle capitulaire, les chapelles, la sacristie…
  • La chartreuse des solitaires comportant 19 cellules disposées autour du grand cloître.

La révolution de 1789 marquera le déclin de la communauté religieuse, avec la disparition des chartreux, menacés et sommés d’abandonner le monastère en octobre 1792.

En 1971, une association locale, les Amis de la Chartreuse de Port Sainte Marie est créée pour tenter de sauvegarder les vestiges de cet édifice.

Depuis, le site, propriété du S.I.R.B. (Syndicat intercommunal de la retenue de Fades Besserve) est sauvegardé et mis en valeur par les bénévoles de l’association et des chantiers de jeunes organisés avec la fédération REMPART.

Des visites guidées sont proposées pendant la période estivale et sur demande pour les groupes. Des fouilles archéologiques menées par l’URAC (Unité de recherche Archéologique Cartusienne) permettent de valoriser le potentiel scientifique du site.

La légende de la fondation

Ce couvent, seul monastère chartreux en Auvergne, fut fondé en 1219 par 2 frères, Guillaume et Raoul de Beaufort. On raconte que Guillaume étant à la chasse, vit Saint Bruno lui apparaitre et lui commander de fonder un monastère de son ordre à l’endroit de cette vision.

Ce lieu alors appelé Confinéal, servait de limite aux paroisses de Chapdes-Beaufort, de Miremont et de Comps. Sa situation répondait parfaitement à l’esprit Saint Bruno. C’est un véritable désert entouré de hautes montagnes et de profondes forêts qu’arrosait la Sioule ; une solitude qui favorisait la méditation et l’esprit religieux.

Le Seigneur de Beaufort s’empressa d’obéir à la voix du ciel. Il n’eut pas de peine à obtenir le consentement de son frère Raoul. Tous 2 donnèrent à l’ordre cartusien les terres demandées et imposèrent pour toute condition que : « si l’ainé de la famille venait à tomber dans la pauvreté, les religieux seraient obligés de le loger, nourrir et habiller, de lui fournir heaume, cuirasses et bonne lance, de lui entretenir un écuyer, un cheval de bataille, 2 lévriers et 3 faucons ».

L’histoire ni la tradition ne disent si les moines eurent à remplir cette clause de la donation. Il est probable que non.

Pour en savoir plus 

26 juin 2017